Aujourd'hui j'ai besoin de le dire et peu importe la quantité de mots versés. D'abord, je ne suis pas courageuse, je ne suis pas forte. Beaucoup le croient, ils se trompent. Je lis une femme qui se bat chaque jour pour rester en vie, une autre pour survivre à la mort de son enfant et c'est en elles que je vois le courage et la beauté, c'est en elles que se dégage la vie, la vraie vie.
Je me confesse aujourd'hui, parce que mon coeur est trop lourd, parce que mes larmes sont proches de former un océan, parce que mon sourire se perd et s'efface lentement tandis que mon visage s'obscurcit et se pare de tristesse. Oui, je me confesse même si cela parait paradoxal car on ne se confesse habituellement qu'à une seule personne, ou deux si l'on compte cet être suprême qui depuis mon enfance, tendre mais bien révolue, veille sur moi et tout ceux que j'aime.
On ignore qui se cache derrière Laurinou, mais en me livrant comme je vais le faire, vous discernerez une partie de moi,la plus imposante, celle qu'il m'est difficile de dévoiler lorsque je sors et que j'avance vers l'inconnu, vers des inconnus. Je m'habille d'une énorme carapace qui s'est endurcie avec le temps et que je porte depuis presque cinq ans.Cinq longues années où j'ai été de désillusions en désillusions, de déceptions en déceptions et quelqu'en soit le domaine. Alors que ma carapace s'est emparée de moi, m'a empoisonnée, et rendue en esclavage, mon corps lui, s'est vu être affaibli, enténébré et ne connaissait comme seul remède que les pleurs, l'agressivité et la colère.Laurinou n'existe plus vraiment lorsqu'elle sort, c'est cette deuxième peau qui agit : elle parle beaucoup, apprécie le bruit, rétorque sans arrêt, n'apprécie que très peu les hommes qui ont pourtant été la cause de son apparition; totalement désillusionnée, elle n'espère plus rien et est exaspérée de tout. Quel horrible portrait!
Pourtant l'on retrouve en cette peau, comme en Laurinou, des valeurs qui prendront toujours le dessus tel que la franchise, la sincérité, l'humour, la gentillesse, la sociabilité, l'écoute, la vérité, la tolérance et l'optimisme en général! Ces qualités là, rien ni personne ne pourra les ôter, aucun poison, aucune arme, aucun stratagème. Mais c'est maintenant que rien ne va plus.
Lorsque je me retrouve seule -ce que j'apprécie puisque cela me permet d'affronter cette partie de moi qui me maitrise aujourd'hui encore-, je redeviens Laurinou capable de coucher sur du papier tout ce qu'elle ressent. Mes mots sont souvent maladroits ou peu poétiques c'est vrai, mais c'est ainsi qu'ils apparaissent, c'est ainsi que je les percois. Si seulement j'avais le talent de toutes ces graines d'écrivains, de poètes ou d'autobiographes mais non, moi je ne suis douée que pour danser et encore, le suis-je vraiment?!! Pfff. Je suis incapable d'être Moi devant ces autres, de leur parler comme j'aimerais le faire avec toute ma sensibilité et ma douceur, ne cachant plus ma timidté, mes joies et mes douleurs. Etre Moi, juste Moi, respirer cet air si pur sans avoir l'impression de humer à la fois un gaz destructeur. Et jour après jour, je meurs un peu plus à cause de ces peurs qui me rongent. Je suis consciente qu'il y a des gens qui ont besoin d'être entendus bien plus que moi mais je ne peux le taire plus longtemps:
J'ai PEUR!
PEUR d'être jugée! Jugée pour mes idées, jugée pour ma couleur de peau, jugée pour mon physique imparfait; sans arrêt être victime du regard des autres. Comment ne pas douter de soi après cela? Oui, je n'ai pas confiance en moi,peut-être ai-je juste besoin qu'on me rassure. Non, même pas, puisque lorsqu'on le fait je ne le crois pas. Je voudrais faire confiance mais mes peines passées me l'interdisent.
PEUR des hommes! Je les aime et les déteste à la fois! Ils sont attirants mais repoussables, simples et naturels, fourbes et menteurs. Où est celui qui m'a compris, celui à qui je plais? Où est celui qui m'aime pour Moi, qui m'avouera les sentiments qu'il a pour moi et qui me fera croire à nouveau aux jolis contes de fée se terminant par le bonheur de deux êtres aimés et non le destin tragique d'une petite sirène meurtrie et désolée? Celui-là sera le seul pour qui les montagnes prendront plus d'altitude, les arbres s'orneront de leurs plus jolies feuilles, les mers s'etendront plus loin que l'horizon, les étoiles s'embraseront de notre passion; le seul pour qui je me livrerai de corps et d'esprit. Mais il doit être loin cet homme, ou me fuir, parce qu'il ne s'est pas encore manifesté.
PEUR de la foule! J'ai tout simplement peur des autres. Il n'y a aucun regard bienveillant. Juste une personne pour qui je paraîs totalement insignifiante, une autre qui du coin de l'oeil me lance un regard hautain ou au contraire me dévisage sans la moindre gêne. Qu'ai-je?
PEUR de mon passé! Douloureux et que je n'admet pas, je n'ai pas réussi à rayer et effacer cette grande période de ma vie qui a précédé cette deuxième peau. Et je crains de ne pouvoir jamais passer au dessus de ca.
PEUR de la fin, de tout ce qui se termine! Et parfois même alors que rien n'a commencé. Je ne parviens pas à vivre une chose pleinement parce que je me projette déjà à la fin, et me rappelle qu'au terme de cela je serai à nouveau face à moi-même et ma solitude devenue souvent maladive.
Enfin, PEUR de moi tout simplement! Qui suis-je vraiment? Quelles sont mes limites? Quand vivrai-je pleinement? Comment me retrouver? Pourquoi toutes ces questions???
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