Il n'y a pas de mots. Pas de mots pour décrire cette relation. Et pourtant je veux tenter de l'expliquer, de comprendre, de vous faire
comprendre. La rime est inutile ici, la prose de rigueur. Le verbe bien tenu, vous aurez tout sans savoir rien.
Tout d'abord, il y a cette Souffrance. Celle qui vous tient, qui vous prend et ne vous lâche plus. La Souffrance d'aimer et celle de ne pas
l'être en retour, la souffrance d'avoir été trompée et celle de continuer à aimer malgré la peine. Je souffre d'être consciente que tout est fini et d'arriver à l'accepter mais d'espérer
toujours un peu. Pour être honnête, e, plus de connaître la Souffrance, je vis avec une boule au ventre, un énorme noeud. Et si on le dénoue, on y trouve deux fils. L'un d'eux comporte toutes ces
belles phrases que je n'ai jamais dites, ces déclarations jamais faites, par peur de sa réaction. Il y a tous ces non-dits qui auraient peut-être égayé nos visages trop souvent froissés. Je
t'assure que si j'avais pu, non, si j'avais su, j'aurais usé des plus doux mots pour te faire rester.
Mais il y a cet autre fil tissé à partir de nos erreurs, des siennes surtout, des paroles blessantes, des gestes d'indifférence, des preuves
d'une relation bien plus légère que sérieuse, de tous ces rendez-vous ratés ou presque et de tous ces rendez-vous attendus qui ne sont jamais venus. C'est ce fil qui m'essouffle et me décourage,
celui qui me laisse entendre que tout n'était qu'illusion. Et je regretterais sûrement mes dires ou mes silences mais je ne trouve que ce moyen pour me sortir de toi, pour te sortir de moi. Je
préfère dire "Je vais très bien" plutôt que "Ça va mais tu manques à ma vie", je préfère ne pas prendre de tes nouvelles ou m'éloigner doucettement plutôt que de savoir que tu es au mieux ...
sans moi; que tu as fait d'autres rencontres, une nouvelle rencontre. Je préfère ne pas m'imaginer tes possibles occupations quand tu ne décroches pas ou tardivement.
Oui, d'accord je l'avoue, j'ai mal de te voir partir petit à petit, j'ai mal de ne pas pouvoir te rendre plus haureux alors que je te donne,
du moins, j'essaie de te donner le meilleur de moi. Et j'ai mal que tu ne veuilles même pas essayer de donner le meilleur de toi, pour moi, pour nous. Je sais où mettre le mot FIN mais ma plume
est encore trop fragile pour l'écrire définitivement. Peut-être ne tarderas-tu pas à le faire à ma place!
Dans cette relation, on observe aussi la Faiblesse. La mienne. Parce que loin d'être le serpent qui rampe, je pourrais, au son de quelques
paroles édulcorées, me laisser surprendre à nouveau et être prise dans ses filets.Quand je parle de ma faiblesse comme étant unique, c'est parce que je veux vous voir comprendre.
D'autres femmes comme moi, peuvent par moment se sentir faibles dans certaines situations mais dans cette relation je suis seule. Seule à aimer au point de mentir à mes meilleurs amis, à aimer au
point de contredire ma famille et ses idéaux, à aimer au point de cacher sous de faux airs de gaieté continuelle ma peur de le perdre définitivement .
Comment tout expliquer? Je souffre avec lui mais sans lui mes soucis et mon humeur se noircissent davantage. Je suis souvent triste. Une
chanson, une musique, un film, une pièce, une tenue, un post-it, un lieu ou tout autre chose me fait penser à lui. Parfois en mal. Oui parfois je suis en colère.
Comment peut-on autant apprécier quelqu'un qui ne semble pas vouloir vous inclure dans sa vie? comment peut-on apprécier autant quelqu'un qui vous culpabilise pour des fautes que vous n'avez pas
commises? Je crois d'ailleurs que la question n'est pas vraiment comment puis-je l'apprécier dans de pareilles circonstances mais simplement comment l'aimer? Comment l'aimer pour qu'il s'ouvre,
qu'il ose se montrer vraiment et non comme il se montre aux yeux du monde entier. Je ne veux pas faire partie du monde entier, ou pas seulement. Je veux entrer dans son monde caché comme il est
entré dans le mien.
Parfois une petite chose me fera penser à lui en bien. Et c'est là où je réalise que l'un comme l'autre nous ne nous sommes pas assez dit ce
que l'on aimait chez l'autre. Faites-moi plaisir et si vous vous comprenez un temps soit peu mon message retournez-vous, ou prenez votre téléphone et rappelez à vos proches combien ils comptent
pour vous et surtout dites leur ce qui vous plaît chez eux, de sorte qu'ils n'oublient jamais que votre présence est essentielle à leur vie. Faites-le et à défaut de pouvoir moi-même le faire,
vous aurez égayer votre journée et la mienne aussi.
Si j'avais pu le faire avant de le perdre, je lui aurais dit que j'aimais me perdre dans ses bras, pour m'y sentir en sécurité, qu'une simple étreinte me faisait frissonner, que j'aimais sa
tendresse et sa volonté de me redonner confiance quand je n'y croyais plus, que j'aimais sa façon d'écrire, sa droiture, ses départs aussi quand je savais que ses retours seraient joyeusement
fêtés. J'aimais le voir dans son manteau blanc, j'aimais son rire, à vrai dire, j'aimais la personne que j'ai rencontré et qui m'a séduite en proposant que nous nous apprenions mutuellement ce
pour quoi nous étions doués.
Il se souvient de pleins d'anecdotes mais je me souviens de tout. De notre rencontre et notre première conversation, de la première soirée,
bien entourée; des doutes que j'ai eu le concernant ce jour-là, du premier baiser, de la première peine, de son "Moi aussi je tiens à toi" ou d'un jour du mois de mai ou j'ai appris que je lui
manquais. Les paroles rares sont marquantes le plus souvent. Mais je me souviens aussi de choses, petites en apparence. Mais les narrer prendraient bien trop de place sur cette page. Je préfère
laisser jouer ma mémoire pendant quelques minutes avant de me reconcentrer.
Je me lèverai peut-être demain en souriant de m'être perdue dans une âme que je croyais être faite pour moi, du moins, pour un plus long
moment; ou au contraire je regretterai encore de n'avoir pu lui dire en face toutes ses pensées. Je ne sais pas. Ca ne dépend plus de moi. J'ai longuement pensé et rêvé pouvoir, comme il
est arrivé de temps à autre, ouvrir les yeux le matin et me rendre compte que je n'étais pas seule mais auprès de la personne qui me ravissait chaque jour. J'ai longtemps aperçu ton visage et je
trouvais cette photo plutôt belle mais il se peut que je me sois trompé dans mes rêves et qu'un jour ce visage ne soit plus le tien.
C'est le Ciel qui m'enverra un signe, et le temps qui calmera ma peine. Et puis peut-être qu'un jour entre quatre yeux, nous nous dirons ces paroles qui nous ont toujours fait
défaut.
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